Juin 2008 : Jacques Israelievitch [en]

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Jacques Israelievitch « Le sens du style »

Dans sa maison de l’avenue Hilton, remplie de plantes, de tapis orientaux et d’objets d’arts plus originaux les uns que les autres, l’illustre violoniste français, Jacques Israelievitch a accepté de nous recevoir pour nous parler de « tout ce qui lie la musique avec la vie ».

« La musique a toujours fait partie de mon univers », martèle-t-il d’emblée. Jacques est l’aîné d’une famille de cinq enfants qui ont tous étudié la musique. Agé de sept ans, Jacques commence l’apprentissage du solfège au Conservatoire du Mans. Puis vient le moment de choisir un instrument. « Mon père m’a déconseillé de choisir le violon, trop difficile ! » lance-t-il d’un air narquois. « Mais ma mère aimait beaucoup le violon, tout comme ma grand-mère, d’origine roumaine, dont l’instrument lui rappelait les fêtes tsiganes de son enfance. » Jacques opte donc pour le violon. Et les succès s’enchaînent à une vitesse vertigineuse. A 11 ans, Jacques Israelievitch reçoit son premier prix inaugurant une longue série comprenant notamment une nomination au Juno Award et le titre d’Officier des Arts et des Lettres. A 13 ans, Jacques Israelievitch entre au Conservatoire National de l’Ecole Supérieure de Musique à Paris. Il poursuit ses études à l’Université d’Indiana. A 23 ans, il devient assistant super soliste à l’Orchestre symphonique de Chicago, puis super soliste à l’Orchestre symphonique de Saint-Louis. Il arrive à l’Orchestre symphonique de Toronto en 1988. Après vingt années de collaboration avec cette institution, lorsque nous lui demandons quelle empreinte il y a laissée, Jacques répond avec élégance : « Le sens du style ».

Aujourd’hui, Jacques Israelievitch met un terme à sa collaboration avec l’Orchestre symphonique de Toronto. D’autres perspectives s’offrent à lui notamment avec sa récente nomination à un poste d’enseignant titulaire à l’Université York, au sein de laquelle il enseignera dès juillet 2008. D’autre part, le musicien prépare la sortie d’un album exclusivement en français, comprenant des œuvres jouées par quintette avec harpe, flûte, violon, alto et violoncelle. Ce sont des compositeurs peu connus du public Nord-Américain, Albert Roussel, Gabriel Pierné, Marcel Tournier, Jean Françaix et Florent Schmitt. « Leurs œuvres sont excellentes et je me sens investi du devoir de faire découvrir ces compositeurs de talent, je suis un peu l’héritier de ce monde-là ». Et Jacques nous rappelle combien le rôle d’un interprète est primordial pour promouvoir la musique. « Il faut avoir le feu sacré… Les interprètes sont les ambassadeurs des compositeurs, ils doivent faire revivre les œuvres, capter correctement ce qui est sur le papier pour découvrir l’âme, la sens de la partition afin qu’elle ne soit pas qu’une enfilade de notes… » Et cette passion, Jacques n’a de cesse de vouloir la partager. « Je ressens la nécessité de transmettre ce que j’ai appris ». Il apprend donc à ses élèves comment exprimer la vie à travers la musique. « Il faut avoir le sentiment que l’on a quelque chose à dire dans son art. Etre déterminé, presque obsédé. » Une ardeur qu’il a transmise à ses élèves, mais également à ses trois fils, Michael, timbalier de l’Orchestre du Nouveau-Monde à Miami, David, rappeur à Seattle et Joshua, compositeur de musique Hip Hop.

A noter : Jacques Israelievitch donnera deux concerts accompagné de son fils Michael, samedi 7 juin à 19h30 et dimanche 8 juin à 15 heures à l’Orchestre Symphonique de Toronto. Pour obtenir davantage de renseignements, merci de consulter : http://www.tso.ca

Dernière modification : 04/07/2008

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