Déclaration de Bernard Kouchner : conférence d’examen de la conférence de Durban contre le racisme

Paris, 23 avril 2009
DECLARATION DE BERNARD KOUCHNER, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES
CONFERENCE D’EXAMEN DE LA CONFERENCE DE DURBAN CONTRE LE RACISME

La France a décidé de participer à la conférence d’examen de la Conférence de Durban qui débute aujourd’hui à Genève car nous partageons son objectif : la lutte contre le racisme sous toutes ses formes, sans hiérarchie des victimes. C’est un enjeu qui doit unir la communauté internationale et non la diviser. Les Nations unies sont l’enceinte où tous les pays peuvent débattre de ces thèmes et faire progresser la lutte contre le racisme.

Nous avons posé deux conditions à cette participation : d’abord, le respect par le texte qui doit être adopté des principes définis entre partenaires européens, sous présidence française ; ensuite, la dignité des débats. Nous ne pouvons tolérer qu’y soient tenus des propos extrémistes ou haineux qui chercheraient à instrumentaliser ce forum.

La fermeté de l’Union européenne a permis d’aboutir à un projet de déclaration qui ne stigmatise aucun pays en particulier, qui ne mentionne pas la diffamation des religions, laquelle ne relève pas du domaine des droits de l’Homme, mais qui réaffirme que la liberté d’expression est un moyen de lutter contre le racisme et la discrimination ; le texte, enfin, rappelle que l’Holocauste ne doit jamais être oublié.

Le processus de négociation a été constructif. La très grande majorité des délégations y ont contribué et je les en remercie. C’est un encouragement réel pour tous ceux qui croient en la capacité de la communauté internationale à avancer ensemble dans la lutte contre le racisme.

J’ai indiqué très clairement que la France ne tolèrerait pas que quiconque prenne la conférence en otage et s’en serve comme d’une tribune pour tenir des propos haineux. Le président iranien vient de s’exprimer à Genève en des termes inacceptables. Conformément à mes instructions, notre ambassadeur auprès des Nations unies à Genève, qui dirige la délégation française, a quitté la salle avec ses collègues européens et de nombreuses autres délégations.

Je souhaite que ce geste de protestation suscite une prise de conscience au sein de la communauté internationale : la protection des droits de l’Homme et la lutte contre toutes les formes de racisme sont trop importantes pour que les nations ne s’unissent pas contre tous les discours de haine, contre tous les dévoiements. Face à des attitudes comme celle que vient d’adopter le président iranien, aucun compromis n’est possible.

Dernière modification : 23/04/2009

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