Juin 2009 : Fabrice Sicco [en]

Fabrice SICCO

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Tout destinait Fabrice à devenir un virtuose de l’accordéon. Son oncle avait accompagné les plus grands chanteurs français de la moitié du 20ième siècle : Brel, Mouloudji, Juliette Gréco et son père, qui aurait également pu devenir un grand accordéoniste, s’est séparé, peut-être à contre cœur, de son instrument favori pour s’acheter un costume et percer dans le monde des affaires. Ces histoires, Fabrice n’en connaissait que des bribes, mais ces notes du passé ne pouvaient laisser le jeune homme indifférent à la musique.

Adolescent, il découvre la guitare, le saxophone et se prend également d’affection pour le piano. Ce n’est qu’aux alentours de la trentaine, alors qu’il est déjà installé au Canada, depuis plusieurs années, pays où il a suivi ses parents, qu’il touche son premier accordéon, ramené par sa belle-mère d’un grenier cubain. Intrigué, il explore cet instrument qui lui semble étrangement familier et apprend seul à en extraire les sons. Fabrice se passionne rapidement pour cet étrange cube, qu’il compare volontiers à « une boite à frissons ». L’oreille fine et le rythme au bout des doigts, il adopte aisément son nouvel instrument et monte avec plusieurs amis un groupe de jazz à la française, Club Django, avec lequel il jouera plusieurs années dans les festivals de la région.

Aujourd’hui, il ondule son soufflet, en tant que soliste et au sein de diverses formations, dont son propre quartet : Swing Valse, qui sera à l’affiche au Rex (194 Queen Street West) le 28 juin, dans le cadre du Toronto Jazz Festival. Fabrice se produit aussi régulièrement dans des soirées privées et recrée pour ses hôtes un petit Paris, de l’autre côté de l’Atlantique. Il suffit alors de fermer les yeux et de se laisser bercer par la mélodie pour voir se dessiner au loin la Tour Eiffel et s’immerger au milieu des rues toujours animées du quartier latin. « Les Canadiens perçoivent l’accordéon comme un instrument typiquement français et ne le considèrent pas une seule seconde comme obsolète ou ringard » précise t-il. Ils savent en savourer chaque instant !

En France, une nouvelle génération de musiciens redonne aujourd’hui vie à cet instrument. Le jazz manouche et la musique française se le sont pleinement réappropriés. Ils l’ont dépoussiéré et l’ont remis sur le devant de la scène, comme à la grande époque du jazz français, où l’accordéon avait naturellement su trouver sa place au milieu des cuivres et des cordes. Fabrice fait incontestablement partie de cette vague de musiciens passionnés, qui ose, s’aventure et permet à l’accordéon de s’exprimer, indifférent aux tendances et aux considérations du moment…

Dernière modification : 01/02/2018

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