Été 2009 : Carole Nkoa [en]

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Carole est née à Yaoundé, d’une mère française et d’un père camerounais. Cadette d’une famille de quatre enfants, elle grandit dans la verdoyante capitale camerounaise qui, tout comme Rome ou Lisbonne, a été bâtie sur les flancs de sept collines. Le baccalauréat en poche, Carole s’envole pour l’Alsace et retrouve, enthousiaste, la région de sa famille maternelle. Elle étudie la psychologie à l’université de Strasbourg et entame une formation en communication.

Intriguée par la force et la beauté du multiculturalisme canadien, elle décide, après trois ans passés en France, de tenter l’expérience outre-Atlantique ; même si elle doit pour cela recommencer ses études à zéro. « L’université Laval à Québec a été la première à me répondre. Ma décision était prise ! », déclare-t-elle pour expliquer le choix de sa destination. Elle retourne donc sur les bancs de la faculté et suit avec une grande attention ses nouveaux cours, toujours en communication, toujours en français, mais avec de nouveaux accents ; qui lui rappellent tous les jours qu’elle a bien traversé l’océan.

Envahie d’un profond besoin d’indépendance, elle s’évertue à trouver un job-étudiant et décroche, après plusieurs mois de persévérance, un poste d’assistante universitaire. A la fin de ces études, elle est tentée par le Canada anglophone et se rend, sans grande hésitation, à Toronto, où elle trouvera son premier emploi deux jours avant l’expiration de son visa de travail. Cette anecdote illustre bien le caractère tenace de Carole, qui s’est toujours donné les moyens d’arriver à ses fins et de réaliser ses rêves, grands ou petits. « Au Canada, seule la neige tombe du ciel », le reste il faut aller le chercher et c’est exactement ce que Carole a fait !

Elle fait donc ses premiers pas sur le marché de l’emploi à Toronto, en 2006, au sein d’Oasis Centre des Femmes (OCF), en tant que responsable de la communication. Ce premier travail qui lui a permis in extremis de rester sur le sol canadien est toujours le sien aujourd’hui et il ne serait pas faux d’indiquer qu’elle n’est pas prête de le lâcher, tant sa mission lui tient à cœur.

Oasis Centre des Femmes est « un organisme féministe et francophone qui travaille à éliminer la violence et améliorer la vie des femmes vivant à Toronto et ses alentours ». Cet organisme est un véritable refuge pour des milliers de femmes, victimes de violences physique, émotionnelle mais également financière et religieuse, des formes d’agression moins perceptibles mais aux conséquences toutes aussi ravageuses. L’objectif de Carole et ses collègues est de rendre à la femme son indépendance et sa dignité, et de placer « la personne au centre de sa propre guérison ». Pour cela les fondatrices d’Oasis ont mis en place de nombreux ateliers : yoga, sport de défense, rencontre individuelle, art thérapie, etc. Une ligne de soutien ouverte 24h/24h a également été créée. A son arrivée, Carole a souhaité donner à Oasis plus de visibilité sur la scène publique : un moyen de montrer aux femmes violentées qu’elles ne sont pas seules et de rappeler aux autorités et aux citoyens que le fléau perdure.

Oasis Centre des Femmes fait un travail remarquable, un travail qui mérite l’attention et le soutien de toutes les communautés. Sincères félicitations à Carole et à toutes les personnes qui se battent pour que la dignité et les droits de la femme soient respectés et entendus…

Si vous souhaitez faire un don à Oasis ou en savoir plus sur cet organisme, n’hésitez pas à vous rendre sur leur site internet : http://www.oasisfemmes.org/

Dernière modification : 14/08/2009

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