Mars 2010 : Philippe Poussier [en]

POUSSIER-portrait - JPEG

Philippe Poussier, enseignant-chercheur au SunnyBrook Health Sciences Centre

Un vendredi ensoleillé au SunnyBrook Health Sciences Centre, Philippe Poussier, enseignant-chercheur en Immunologie, est encore tout étonné de faire l’objet d’un portrait. « Je ne sais pas bien ce que vous voulez de moi » me dit-il modestement alors que je franchis la porte de son bureau. « Votre parcours et votre brillante carrière peuvent susciter de nombreux intérêts pour tous ceux qui désirent en savoir plus sur le monde de la recherche nord-américaine ». L’argument semble valable, le Docteur Philippe Poussier est de ceux qui partagent volontiers leur expérience.

Entre 1979 à 1981, alors post-doctorant, Philippe Poussier goûte au système de la recherche médicale nord-américaine dans des conditions qu’il décrit comme « idylliques  », doublées d’un « sentiment de liberté extraordinaire » pour un jeune chercheur français. A l’issue de cette première expérience canadienne, il rentre en France et intègre l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) mais n’a qu’une idée en tête… revenir. Les opportunités professionnelles jouent en sa faveur et le retour au Canada est imminent…

Il occupe d’abord un poste d’enseignant-chercheur à l’Université McGill à Montréal tout en continuant à pratiquer la médecine clinique en tant qu’endocrinologue. Puis neuf années passent en terre québécoise avant que l’occasion de revenir à Toronto ne se présente. Les particularités du fédéralisme canadien faisant, le droit de pratiquer la médecine clinique ne lui sera pas concédé de suite en Ontario et il n’en fera plus la demande par la suite. A Toronto, Philippe Poussier se consacre à l’enseignement et à la recherche initialement au sein du Wellesley Hospital, maintenant défunt et actuellement au SunnyBrook Health Sciences Centre. Il peut se féliciter d’avoir déjà formé de nombreuses promotions d’étudiants aux mystères de l’immunologie. Egalement, à la tête d’un laboratoire, dont le cheval de bataille est la recherche sur le diabète insulinodépendant, Philippe Poussier et son équipe se consacrent aux aspects immunologiques et génétiques de la maladie, essayant de comprendre et d’anticiper le dysfonctionnement des gènes qui aboutit à la destruction du pancréas et du tissu qui fabrique de l’insuline.

Philippe Poussier reconnait volontiers l’intérêt du système de recherche nord-américain, il y voit la possibilité de s’exprimer pleinement. Le prestige de l’Université, le crédit accordé aux travaux de recherche sont basés sur la capacité des chercheurs à trouver des fonds : « Ici, on vous demande de prouver que vous pouvez être indépendant, il faut être capable de faire fonctionner un laboratoire, de payer ses techniciens, de payer ses étudiants et accessoirement de vous payer » (…) « Dès lors que les agences de financement considèrent que ce que vous faites est pertinent, que la question posée est intéressante et qu’on a des chances de pouvoir y répondre, on vous donne des fonds…. » Les agences de financement provinciales, fédérales ou les fondations privées décident des programmes de recherche à financer selon une série de critères et verse des fonds allant de 100 à 200 000 dollars par an.

Les demandes de financement sont toujours un exercice stressant pour Philippe Poussier, pouvant aussi remettre en question l’avenir d’un laboratoire. Les résultats des demandes faites en février paraîtront en juillet. En obtenant la somme d’argent espérée, le Docteur Poussier pourra couvrir les cinq prochaines années de son programme de recherche.
On croise les doigts…

Pour plus de renseignements sur le programme de recherche de Philippe Poussier :
http://sunnybrook.ca/team/member.asp?t=12&m=131&page=172

Dernière modification : 15/09/2010

Haut de page