Septembre 2011 : Aurélie Angard [en]

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Aurélie Angard, une PVTiste à l’Auberge Francophone 

Rares ont été les occasions jusqu’à lors de mettre en lumière un phénomène pourtant grandissant chez les jeunes français, une nouvelle expatriation selon les termes d’un visa spécifique : le Permis Vacances-Travail (PVT). Le portrait consacré ce mois-ci à Aurélie Angard nous permet de découvrir, à travers son parcours, l’histoire d’une PVTiste pleinement intégrée ainsi que son engagement au sein de l’Auberge Francophone, structure d’accueil aux immigrants (es) francophones pour laquelle elle travaille.

Jeune parisienne, Aurélie arrive à Toronto en avril 2011 avec en poche le fameux sésame d’entrée sur le territoire canadien pour les jeunes de moins de trente cinq ans, le PVT. Après un premier séjour aux Etats-Unis l’année précédente, elle est conquise par la culture anglo-saxonne et souhaite poursuivre sa découverte de l’Amérique du Nord. Toronto apparaît alors très vite comme étant la destination idéale parmi d’autres, le PVT existant également pour l’Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, Singapour, très récemment l’Argentine et bientôt Taiwan.
A peine un mois après son arrivée dans la Ville-Reine, Aurélie avait déjà aménagé son quotidien, un appartement doublé d’un emploi à l’Auberge Francophone. « Je suis quelqu’un d’assez organisé  » dit-elle pour expliquer cette acclimatation rapide et efficace, « j’ai préparé mon séjour bien en avance, ma rapidité à m’installer est sans doute un mélange de chance et d’organisation ».

Mais, parlons un peu de l’Auberge Francophone ! Cette structure d’aide aux immigrants francophones située à Etobicoke a été créée en 1999 par Julie Lutete, accompagnée de Jean-Pierre Matulu. Originaire du Congo, Julie s’aperçoit rapidement qu’il existe peu d’organisations à destination des immigrants francophones et constate la nécessité d’une structure d’accompagnement, d’orientation et d’hébergement pour répondre aux incertitudes et aider à déjouer les pièges des débuts.

L’Auberge Francophone œuvre maintenant depuis plus de dix ans pour l’intégration sociale et l’insertion économique des nouveaux arrivants francophones. Si l’association ouvre ses portes à toute personne dans le besoin, elle a récemment créé un tout nouveau programme pour les hommes immigrants. Subventionné depuis 2009 par Citoyenneté Immigration Canada, le programme vise à proposer des ateliers spécifiquement à destination des hommes pour faciliter une meilleure intégration économique mais aussi pour améliorer leurs conditions de vie et augmenter leurs chances de réussite à tous les niveaux. Aurélie explique l’utilité du projet et le constat de départ : « Peu de structures sont uniquement à destination des hommes alors qu’il en existe pour les femmes. A la différence de celles-ci qui font généralement preuve d’une meilleure intégration économique et sociale dans la société canadienne, les hommes sont plus en retrait, plus fiers, plus timides et donc moins intégrés économiquement. Il fallait répondre spécifiquement à leurs besoins à travers un climat de confiance et un réseau de soutien. »

Les ateliers proposent d’aborder de nombreux sujets transversaux comme la découverte de la société canadienne et de ses mœurs, les droits et les devoirs au Canada, la compréhension du système bancaire ou l’utilisation d’une carte de crédit. « Certains immigrants francophones peuvent avoir des difficultés à quitter leur cadre de vie ancien et à s’adapter à la société canadienne. On constate de nombreux cas de violences conjugales au sein de ces couples. Ce qui n’était pas condamné dans leurs pays d’origine, le devient au Canada » ajoute Aurélie. La structure diffuse également ses programmes dans le centre sud ontarien où elle a institué de nombreux partenariats avec d’autres associations autour de Windsor, London, Niagara, Hamilton, St Catherine ou encore Welland.

Le programme connaît, depuis sa création, un fort succès et a obtenu une subvention du gouvernement jusqu’en 2013 mais souhaite, plus que jamais, élargir ses soutiens financiers afin de pouvoir développer l’activité. « Nous souhaitons avoir plus de visibilité afin de pouvoir démarcher plus facilement d’autres bailleurs de fond  » explique Aurélie qui est principalement en charge des appels d’offres. Avec un profil initialement juridique, elle est ravie de réorienter sa carrière et de découvrir de nouveaux horizons professionnels à travers ses fonctions actuelles.

En dehors de son travail, Aurélie s’investit aussi comme modératrice sur le site internet pvtistes.net, mine d’informations sur les formalités administratives pour partir en PVT et surtout une fois arrivé à destination. Aujourd’hui, le site compte 38 000 inscrits. La communauté des pvtistes torontois se réunit tous les lundis dans différents endroits de Toronto, l’occasion de se retrouver et de partager les expériences des uns et des autres.

Aurélie est conquise par sa vie torontoise et se projette déjà au Canada sur le long terme. Toronto, c’est aussi la nature et la possibilité de se ressourcer en pleine ville, un quotidien sans stress et où elle prend le temps de vivre …
Mais de temps en temps, la convivialité des p’tits troquets français, les volets aux fenêtres et les événements manqués entre amis ou en famille lui donneraient presque envie de se téléporter pour un instant, un tout petit instant, de l’autre côté de l’Atlantique.

Dernière modification : 05/10/2011

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