Vidéo - Edith Gelbart, « Ne jamais oublier Moissac »

Les 27 et 28 avril, l’association « Moissac, ville de Justes oubliée » rend hommage à travers deux journées de rencontres et débats au courage de toute une ville. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Moissac, dans le Sud Ouest de la France, a abrité une maison d’enfants juifs. 500 enfants venus de tous les coins de l’Europe ont été recueillis secrètement chez Shatta et Bouli Simon. Mais au-delà de la démarche héroïque de ce couple, c’est le silence de tout le village qui aura permis à ces enfants d’échapper au nazisme.

Parmi eux, la petite Edith Schwalb se souvient très bien du dévouement des habitants. Devenue quelques années plus tard Edith Gelbart, elle s’installe à Toronto avec son mari, son petit frère et son premier fils aux débuts des années 1950 où elle y élèvera sa famille.

A jamais marquée par son passage à Moissac, elle consacre désormais une majeure partie de son temps à témoigner de cette période. Un livre a été consacré à son histoire « Le secret d’Edith : petite fille cachée »* qu’elle présente dans de nombreuses écoles en Ontario. « Me voir en chair et en os apporte aux enfants une toute autre dimension à l’histoire qu’ils ont lue, ils prennent conscience que, même si je suis une vieille dame aujourd’hui, tout cela est bien réel et pas si lointain » confie-t-elle. En échange elle reçoit beaucoup d’affection et une très grande admiration comme en témoignent les nombreuses lettres écrites par les enfants après ses passages dans les écoles.

L’histoire de l’enfance d’Edith se confond avec celle de l’Europe des années 1930 et 1940. Celle des pogroms contre les juifs qui l’ont fait fuir d’Autriche avec sa famille vers la Belgique, puis la France. Celle des camps qui l’ont séparée de ses parents. Celle de la clandestinité, des rafles, de la peur. Pourtant, quand Edith se remémore cette période de sa vie, c’est le bonheur qu’elle veut évoquer. Le bonheur de la maison de Moissac, le bonheur simple de pouvoir aller à l’école. C’est de cette histoire qu’elle veut témoigner, une histoire de solidarité et d’humanité qui, dit-elle, « lui a sauvée la vie et celle de 500 enfants ».

*« Le secret d’Edith : petite fille cachée », Kathy Kacer, Flammarion.

Dernière modification : 19/06/2013

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