Ami Barak à la Nuit Blanche – 5 octobre 2013 [en]

Dans le cadre de Paris-Toronto, le directeur artistique et coordinateur de la Nuit Blanche de Paris en 2003 et 2004 Ami Barak a été invité par la Ville de Toronto à programmer la zone d’exposition A "Off To A Flying Start" ("Sur Les Chapeaux De Roue") de la Scotiabank Nuit Blanche le samedi 5 octobre. En tant que premier commissaire non canadien, Ami Barak a tenu à célébrer le centenaire de l’introduction du « ready-made » par Marcel Duchamp. Pour cela, il a sélectionné une douzaine d’artistes internationaux dont 4 artistes français : Boris Achour, Alain Declercq, Melik Ohanian et Franck Scurti.

Les projets des artistes français de la zone d’exposition A


"The Big Crunch", 2013
Franck Scurti – Paris, France
Installation

L’installation de Franck Scurti met en scène de nombreuses roues de vélo, rattachées à des mécanismes d’horloge et de compteurs exposés sur le mur. L’artiste fait référence à une œuvre de Marcel Duchamp « Roue de bicyclette » (1913) où une roue de vélo est fixée sur un tabouret en bois. Cette œuvre est considérée comme « le big bang » qui a donné naissance à l’art moderne et aux « ready-mades ». Dans ce travail, Franck Scurti revient sur cette idée de création artistique tel un « big bang » inversé, offrant une contradiction visuelle et humoristique. L’objet revient à son point de départ, déstabilisant ainsi cette notion poétique d’espace et de temps.

1 Trinity Square (Accès depuis Bay Street, sud de Dundas Street West)

"The rose is without why", 2013 Boris Achour – Paris, France Sculpture

Pour la 8ème édition de la Nuit Blanche de Toronto, Boris Achour utilise un poème écrit par Johannes Scheffler, un théologien et poète mystique allemand du 17ème siècle plus connu sous le nom d’Angelus Silesius. Le poème, écrit au moyen de lumières fluorescentes sur près de 100 mètres de long, revêt un aspect spectaculaire tout en exprimant une dimension poétique et philosophique, et questionne la nature de l’art et la place du spectateur. Mélangeant des éléments variés provenant de domaines culturels et formels très divers, l’œuvre de Boris Achour établit un système connecteur ouvert et en évolution fondé sur l’affirmation de la forme et la jubilation de la création.

Nathan Phillips Square 100 Queen Street West (à Bay Street)

"Crash Cars", 2013
Alain Declercq – Paris, France
Performance artistique.

Deux voitures sans chauffeurs sont lancées dans une boucle à la même vitesse. Alors que leur trajectoire créé une figure en forme de huit, les deux voitures se poursuivent, menaçant constamment de se heurter. Entre action ludique et ton cynique, l’artiste parvient à tourner en dérision – de façon totalement absurde – un des symboles les plus primaires de richesse et de pouvoir. L’artiste scrute les structures du pouvoir et l’oppression qu’elles provoquent, telles que la paranoïa sécuritaire, la surveillance, la manipulation des médias. Sa technique de l’inversion des rôles transforme Alain Declercq en chasseur d’indices, provocateur de dysfonctionnements, renverseur de situation ou empêcheur de tourner en rond.

Campbell House 160 Queen Street West (West of University Avenue)

"El Agua de Niebla", 2008
Melik Ohanian – Paris, France et New York USA
Installation

“El Agua de Niebla” est un hamac géant, tressé à la main par plusieurs familles de Mayapán, un village du Mexique. Constitué de 72 000 mètres de fil, le hamac se déroule sur une longueur de 41 mètres. L’échelle du hamac traditionnel est augmentée, créant ainsi un étrange territoire collectif. La forme incurvée dessinée par le poids du textile révèle une force intrinsèque au travail, celle de la pesanteur, qui définit et façonne la pièce. “El Agua de Niebla” tient son nom des filets tendus par les paysans des montagnes chiliennes, pour recueillir l’eau des nuages pour l’irrigation des cultures.

Bay Street & Queen Street West


Pour en savoir plus sur les origines de la Nuit Blanche


Événement culturel créé à Paris en 2002 pour promouvoir l’art contemporain, la Nuit Blanche rassemble chaque année plus d’un million de personnes dans les rues de Paris. En 2005, les organisateurs parisiens contactent la ville de Toronto pour l’inviter à rejoindre les six autres villes européennes qui ont emboîté le pas à la capitale française. Toronto est la première ville d’Amérique du Nord à s’être inspiré du concept parisien. Aujourd’hui, plus de 25 villes dans le monde célèbrent l’événement parmi lesquelles San Francisco, New-York, Miami et Chicago.

Dernière modification : 16/02/2018

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